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Pourcentages en question

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Les journalistes n'hésitent pas à tancer vertement les sondages lorsqu'ils se « trompent » dans leurs « prédictions », notamment lors des élections. Les instituts, eux, répliquent que qu'un peu plus d'éducation aux sondages ne leur ferait pas de mal. Alors, le divorce c'est pour bientôt ?

« Un artefact pur et simple », voilà comment Bourdieu analyse l'opinion publique qui résulterait des sondages. Depuis des décennies, les sociologues critiquent ces outils d'analyse achetés à prix d'or par des médias désireux de s'attacher des lecteurs.
Les commanditaires des sondages sont d'ailleurs les plus dénoncés par les sociologues. Ils sont accusés d'en user pour construire leur propos et présenter ainsi leur opinion comme une vérité inconstestable car légitimée par l'opinion.

Qu'à cela ne tienne, les médias continuent à passer commande. Et les instituts de sondages, également pointés du doigts par les chercheurs, se défendent bien d'influencer d'une quelconque façon « l'opinion publique ». En cause selon eux : l'absence de formation des journalistes devant cet outil, moins providentiel qu'ils n'y paraîtrait, et un lectorat parfois un peu crédule.

Selon Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion-Politique à l'institut CSA, un sondage a pour principale vocation de corroborer une ligne éditoriale. Soit il conforte la rédaction dans ses opinions, soit il s'en écarte. Dans ce cas, c'est un bon moyen de faire de la pédagogie, en expliquant pourquoi les Français sont dans l'erreur. Quoi qu'il arrive donc, le sondage est au service de son commanditaire.

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Chaque mois, le CSA réalise en moyenne de 4 à 8 sondages par mois. Certains journaux n'en commandent qu'un ou deux par an. D'autres en publient à ce rythme chaque semaine.
En tête des passeurs de commande : Le Parisien, Aujourd'hui en France. Objectif : se construire une image d'un quotidien réactif et proche de son public.


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Le sondage est-il un outil pour les médias ou une information à part entière ? Tout dépend de l'utilisation qui en est faite. Pour les journalistes, le sondage reste un objet mystérieux et hautement suspect. Pour autant, ils l'utilisent en toute bonne foi pour se façonner une image de l'opinion. L'aspect prédictif des sondages est généralement le point le plus conflictuel. Pour Jean-Daniel Levy, un sondage ne se trompe pas. Il n y a que des interprétations erronnées que le public et les journalistes se font d'un instantané de l'opinion.

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Le CSA se dédouane donc de toute responsabilité dans la construction d'une « opinion ». Il n'est qu'un outil de transmission d'une certaine « démocratie directe » qui s'exprimerait à travers leurs questions. Car les journaux, en faisant paraître l'avis des Français, modifient le comportement des politiques. Ces derniers s'appuyant sur les sondages pour légitimer telle ou telle loi. Un rêve de pure démocratie : les français s'expriment, les journaux transmettent, les politiques décident.
Médias -instituts de sondage - politiques : un couple à 3 qui n' a pas fini de faire parler de lui ...

Libération chérit les sondages

Le 27 octobre, quelques jours avant le Congrès de Reims, Libération publie une enquête Viavoice sur les grandes familles politiques de la gauche. Les résultats du sondage font la Une et constituent avec deux autres articles un dossier de 4 pages en tête du journal. L'article de Pascal Virot en page 2 reprend très précisemment ces résultats, sans vraiment les questionner.
Ces résultats semblent conforter Libération dans sa ligne éditoriale. Bertrand Delanoë est le « meilleur dirigeant pour le Parti socialiste », Ségolène Royal incarne selon les électeurs de gauche la « sécurité », le « contrôle de l'immigration » et « l'individualisme ».
Pascal Virot souligne ainsi que, « la perte d'influence de la « contre-gauche » représentée par Ségolène Royal, est parfaitement lisible dans le sondage », tandis que « le maire de Paris est distingué pour mener le PS au cours des prochaines années ». Au vu des résultats du vote des militants qui s'est tenu une semaine plus tard, cette analyse semble pour le moins erronée. Pour Jean-Daniel Levy, ce ne sont pas les « sondages qui se trompent » mais bien les journalistes qui ne préviennent pas de leurs limites. À bon entendeur...

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Edito - Novembre 2008

Notre grain de sel

A croire que nous n’avons rien de mieux à faire. A cette heure-ci, un tournant historique se profile aux Etats-Unis. La guerre fait rage en République Démocratique du Congo. Le Parti socialiste se cherche difficilement un leader. Et nous, étudiants en journalisme, ne trouvons à parler que de… journalisme.
C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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