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Quand les FIPettes flippent

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Les animatrices de la radio FIP en province sont en colère : le « nouveau FIP », mis en place depuis le 3 octobre 2008, leur sucre 6 heures d’antenne locale par jour pour diffuser à la place, des programmes nationaux depuis Paris. Elles se battent, non pas pour leurs emplois qui sont (pour l'instant ?) conservés, mais pour l'identité de leur radio : un média « de proximité ».

CREDIT PHOTO : Laura Huyghe

FIP, c'est d'abord la douceur d'une voix féminine qui vous susurre à l'oreille le nom d'un groupe de chanteurs maliens encore inconnu, ou la date d'une expo branchée qu'il ne faut surtout pas manquer. Le tout sans pub, sur fond de musique jazzy. Cette station du groupe Radio France a d'abord été diffusée exclusivement sur Paris au début des années 1970. Elle possède aujourd'hui un réseau d'une dizaine d'émetteurs dans toute la France, avec trois « décrochages » à Bordeaux, Nantes et Strasbourg, où une équipe assure un programme de musique bien sûr, mais aussi d'actualité culturelle locale.

Le « nouveau FIP », à l'essai jusqu'en avril 2009, vise à étendre le réseau de diffusion de la chaîne et à renforcer son identité nationale, en diffusant un même programme sur l'ensemble de la France. Depuis le 3 novembre, les heures d'antenne locale attribuées aux trois stations régionales ont été réduites de moitié, passant de 12 heures quotidiennes à 6 heures. Initialement, seules quatre heures leur étaient attribuées : ce n'est qu'après plusieurs semaines de combat syndical et même quelques jours de grève que les FIPettes ont obtenu deux heures supplémentaires.

Mais dans les locales, cette victoire n'en est pas vraiment une. Le plan ne passe pas. Muriel Chédotal, animatrice sur FIP Bordeaux depuis 20 ans, est aussi déléguée syndical CGT.
Il est 16 heures, elle prend l'antenne.

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A Marseille et Toulouse, comme pour la plupart des fréquences du réseau FIP, les auditeurs écoutent le programme national diffusé depuis Paris. Une évolution qui fait craindre à terme, pour les Fipettes, la disparition des équipes en région malgré des audiences stabilisées.

En marche vers le numérique

La direction explique que le passage au numérique change la donne : le territoire de diffusion va être multiplié par deux, s'élargissant de la Bretagne au Centre en passant par la Corse. Le son national de FIP pourrait même faire son retour à Lille, Metz et Nice, trois stations qui avaient été fermées avec le « plan bleu » dans les années 2000.

Patricia Jeanne est coordinatrice de Fip Bordeaux ; elle est chargée d'appliquer la politique de la direction parisienne dans sa locale. Pour elle, cette nouvelle formule est une évolution nécessaire même si la diminution du temps d'antenne local assombrit l'avenir de son équipe.

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« Les animatrices de FIP en région n'ont pas à craindre pour leurs emplois » assure la direction de Radio France. Mais les Fipettes s'interrogent : par quoi vont être compensées les six heures d'antenne locale qu'elles assuraient avant le rattachement à Paris ? Réponse avec Matthieu Beauval, directeur adjoint de l'antenne nationale.

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En octobre 2008, « FIP radio.com » a reçu 1 700 000 visites. Un chiffre qui devrait encore progresser : si le nouveau FIP diffuse de l'info nationale sur les ondes, la place des infos locales semble dorénavant sur Internet.

Pour en savoir plus :

Le site officiel de FIP
http://www.radiofrance.fr/chaines/fip/accueil/
Le blog de soutien à FIP
http://tousavecfip.over-blog.com/

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C’est que nous avons notre mot à dire sur la question. Pas par plaisir de nous regarder le nombril. Quelques mois avant de devenir journalistes à notre tour, nous nous payons le luxe de prendre de la distance sur notre métier, d’entrer dans les coulisses des médias. De ne pas nous contenter, en somme, de ce que ceux-ci proposent chaque jour : l'information sur un plateau, les pieds sous la table.

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